La bande dessinée est définitivement proche du cinéma. Une bande dessinée n’est pas faite pour être lue. Elle est faite pour être lue et relue. De l’irrépressible émotion qui étreint les corps dans une première lecture incertaine et jouissive à l’intellectualisation compulsive de la redécouverte, une bande dessinée se digère.
Unnatural born blonde de Guérine Regnaut est une bande dessinée. Elle est donc faite pour être lue et relue. Tout part d’une couleur de cheveux : vouloir devenir blonde. En plein été 2004, quand le peuple (comprenez petit peuple, propos tenu par un snobinard de la pire espèce, moi) s’égosille pour la moindre blague relatant une nouvelle aventure vécue par LA blonde (comprenez la coconne, propos tenu par le petit peuple cité ci-dessus); devenir blonde est un acte courageux.
Et de courage il est beaucoup question dans les planches de Guérine Regnaut. Le courage au travail, le courage de se confronter à la rencontre amoureuse (et fatalement au sacro-saint bonheur), le courage de vivre l’absence. S’il ne fallait lire qu’une planche, ce qui serait convenons-en ridicule et dommageable, lire “L’absence”, bouleversante.
Et puis, il y a le grain de sel qui fait, avec bonheur, dérailler la machine. La BD, quand elle est mécanique (formatée) est morte. Et la planche La journée parfaite tombe comme un cheveux dans la soupe : anticonformiste, presque antisociale si l’on veut un peu se laisser aller, elle est aussi et surtout très drôle. Et en rupture de l’unité imperceptible de l’œuvre. Unnatural born blonde est une magnifique saccade.
La bande dessinée est définitivement proche du cinéma.
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Portfolio de Guérine Regnaut
