Deux questions que m’a posé ma tante…

Lundi 4 mars 2013 par

… sur un sujet qui intéresse beaucoup de monde en ce moment, il faut bien l’avouer. J’ai essayé d’y répondre dans la mesure de mes connaissances. Je dois beaucoup pour la compréhension des mécanismes financiers à divers articles lus sur internet et en particulier, mais pas en exclusivité, sur le blog de Paul Jorion.

1. Pourquoi les pays ont aidé les banques ?

Pour éviter un contagion systémique du système financier.

Mais pourquoi le système financier est-il si vulnérable ?

Ronald Reagan a défait les lois Roosevelt de 1930 qui réglementaient le système bancaire. Les banques d’investissement ont fusionné avec les banques de dépôt, se parant de leur qualité d’indispensabilité. Les dérégulations les ont en outre autorisées à créer des produits financiers plus instables (et rentables) les uns que les autres. Les instabilités s’additionnant, le système mûrissait son explosion programmée.

Comme en 1929 ?
Pas tout à fait…

En 2008 les États ont permis aux banques de ne pas assumer les conséquences de leurs actes (dangereux mais profitables) en leur prêtant, sans engagement d’utilisation, 350 milliards de dollars ici, ou 700 milliards d’euros là (à des taux qui, soit dit en passant, n’ont rien à voir avec ceux auxquels la Grèce ou l’Italie se trouvent confrontés). Avec pour conséquence que ces mêmes banques, confiantes que l’État couvrirait leurs conneries, se sont relancés de plus belle dans la spéculation.

Il n’y a pas eu de Roosevelt pour mettre de l’ordre dans la ménagerie cette fois-ci. Une des rares choses à mettre au crédit de N. Sarkozy a été de suivre son inspiration et de prononcer le discours de Toulon du 25 septembre 2008. Aussitôt prononcé aussitôt oublié malheureusement.

En 2008, les États « espéraient » que les banques renflouées prêteraient aux entreprises en difficulté. Mais les actionnaires en ont décidé autrement. Les taux de retour sur l’investissement spéculatif sont plus intéressants – jamais un entreprise n’offrira 20 à 35% de rendement, voire plus sur certains produits spéculatifs. Le choix est vite fait et bien fait, car les profits des fonds d’investissements n’ont jamais été aussi hauts que depuis 2008.

2. Les banques sont-elles utiles au développement économique d’un pays ?

De quelle banque parle-t-on ?
Sans la banque de dépôt, le système financier s’effondrerait dans son ensemble, provoquant une « crise systémique » globale.
Sans la banque d’investissement productif l’économie stagnerait et entrerait en récession.
Sans la banque d’investissement spéculatif, la société dans son ensemble se porterait mieux, y compris les banquiers.

La spéculation, autorisée en France seulement depuis 1885, est nocive notamment en ce qu’elle accélère la concentration de la richesse, celle-ci devenant indisponible là où elle est indispensable.

b_d

Too big to fail has become too big for trial

Mardi 19 février 2013 par

Y’a pas que des conneries sur Youtube ! En plus c’est sous-titré !

La minute nécéssaire du jour, la première session d’Elizabeth Warren au Senate Banking Committee à Washington DC.

La sénatrice Démocrate du Massachussets, Elizabeth Warren, met des gants pour attaquer frontalement l’obésité des institutions financières de Wall Street. N’empêche qu’elle frappe fort et là où ça fait mal, il suffit de voir se dandiner les responsables des instances de régulation lorsqu’ils doivent répondre à une question simple : de quand date le dernier procès intenté par l’État à une grande firme financière ?

Elle avait droit à cinq minutes de temps de parole, elle les a bien exploitées : la vidéo est devenue virale.

via le blog de Paul Jorion

b_d

> la page Wikipédia d’Elizabeth Warren
> un article de Rue89 sur Elizabeth Warren

Infime – Cut and cook studio

Dimanche 17 février 2013 par

Technopoétique, perturbant.

La qualité de la modélisation est impressionante.

Superbe évocation qui m’évoque un monde de la Machine, pas très accueillant pour les êtres humains tels qu’on les a connus jusqu’à aujourd’hui. Fascinant et angoissant à la fois.

Musique : Nicolas Gueguen (Kromatik).

b_d

> le site de Cut and cook studio
> le making-of d’Infime

The fakir’s rest – Stéphane Argillet & Gilles Paté

Dimanche 17 février 2013 par

C’est du Made in France au moins ?

Il semble qu’il y ait des gens ne sachant que faire de leur argent.

Ça n’est pas comme ça que j’imaginais la guerre contre la pauvreté, et la cruauté envers les faibles n’est pas exactement signe de santé je crois.

Gilles Paté est artiste plasticien et enseignant. Il s’intéresse aux pratiques d’appropriation de la ville par le citoyen.

L’article de Geoffrey Dorne sur le design désagréable mérite dêtre lu, comme toujours.

via graphism.fr

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> Interventions urbaines, le blog de Gilles Paté

Tout en haut du monde – Rémi Chayé

Vendredi 15 février 2013 par

L’aventure, c’est froid.

La bande-annonce promet mais le film ne sortira qu’en 2014. Le style visuel très graphique, avec peu de traits de contour, est plaisant.

via The Blackwing diaries

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> le site de Sacrebleu productions
> la page Vimeo de Sacrebleu prod.

Adam and dog – Minkyu Lee

Jeudi 14 février 2013 par

Ouâââh !

Quand un Disney boy se lâche, ça décoiffe son Néanderthal.

Minkyu Lee, jeune animateur chez Disney, a réalisé cette petite pépite pendant ses heures de loisir. Ça semble avoir séduit son monde vu qu’il a quand même été nominé aux Oscars 2013. Il a été aidé par des amis animateurs de chez Pixar, Dreamworks et alt. mais tous les décors, superbes, sont de lui par exemple. Il lui a fallu 2 ans et demi et un congé de 4 mois et 25 000 $ pour achever son œuvre.

À noter les gros efforts consentis pour atténuer le choc visuel de la nudité des personnages.

Diplômé de Cal Arts en 2009, il y enseigne aujourd’hui le dessin animé à la main. Il a également immédiatement été embauché par Mickey après son diplôme.

via Drawn

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PLUGG

Mercredi 13 février 2013 par

no comment

En voilà une interface qu’elle est centrée sur l’utilisateur !

Theo Tveterås and Lars Marcus Vedeler sont norvégiens et ils font des bidules hi-tech / low-tech selon le point de vue de l’ingénieur / de l’utilisateur.

via graphism.fr

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> la page Vimeo de Skrekkøgle

Le Président – Henri Verneuil

Mardi 12 février 2013 par

Top niveau sa tirade à la Cyrano !

Film d’Henri Verneuil, ok mais merci qui pour les dialogues ? Michel Audiard !

Jean Gabin se régale limite cabotin dans ce morceau d’anthologie de dix minutes. Sa façon à l’ancienne d’insister sur certaines syllabes a une sacrée gueule.

Le film a été adapté d’un roman de Georges Simenon, dans lequel paraît-il cette scène ne se trouve pas.

Accessoirement, on vit aujourd’hui dans l’Europe dont il décrit la mise en place…

via le blog de Paul Jorion

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de vrais Pokémons

Vendredi 8 février 2013 par

Fou à pieds bleus-tumblr_mht45ezpLB1s3lktlo2_r1_1280

Mes baskets sont plus cools que les tiennes !

Le blog Actual Pokémons liste des animaux réels qui mériteraient bien leur carte. Parmi la grosse centaine de prises listées, ce Fou à pieds bleus (Sula nebouxii) est le plus kawaï rigolo, mais il y en a plus d’un qui vaut le coup d’œil.

On louera le soin que l’auteur a pris de citer la source des photos, la plupart des photos, sinon toutes, proviennent des Commons de Wikipédia.

b_d

le travail disparaît

Vendredi 1 février 2013 par

Image

© Financial Times

La distribution des bénéfices : le travail en rouge, le profit en bleu.

Les données prennent en compte non seulement les ouvriers mais l’ensemble des emplois. Cette tendance est dûe partiellement aux délocalisations, mais encore plus à l’informatisation et à la robotisation.

Sur l’ensemble des États-Unis la part de richesse redistribuée vers le travail, encore une fois, se réduit drastiquement. Les conséquences s’en feront encore plus sentir dans un pays où les prestations sociales amortissent peu le chômage.

On voit aussi que la situation en 1929 ressemble à celle d’aujourd’hui, et qu’elle a connu une correction brutale au début des années 30.

Confronté à la Grande Dépression, Roosevelt mit en œuvre le New Deal, un programme de relance de l’économie et de lutte contre le chômage. Il réforma le système bancaire américain, et fonda la Sécurité sociale. Il créa de nombreuses agences gouvernementales telles que la Works Progress Administration, la National Recovery Administration ou l’Agricultural Adjustment Administration.

extrait de Wikipédia

Roosevelt a réparé le système en redistribuant les richesses d’autorité. Aujourd’hui le but à atteindre est le même mais dans un contexte différent – vulnérabilité dans laquelle les états se sont eux-mêmes mis face à la finance, catastrophes écologique et sanitaires, maturation de l’infosphère, etc… – les moyens seront peut-être nouveaux. Il faudrait une approche atypique, voire… anormale ?

via le blog de Paul Jorion

b_d

Lettre à Gérard

Lundi 28 janvier 2013 par

Ça aurait été scandaleux que café globulot ne s’intéresse pas à l’un des sujets les plus brûlants de l’actualité. Je me suis donc fendu d’un petit poème adressé à Gérard Depardieu, à qui son interprétation géniale de Cyrano de Bergerac vaudra tous les pardons. Amen Gérard.

Pauvre Depardieu,
Bougre émissaire
De la colère populaire.
Que se passe-t-il
Te demandes-tu,
Si tu es de nature curieuse.
Pourquoi cette vindicte
Montée en mayonnaise
Par la télévision ?
Contre Toi,
Pourquoi ?

Tu sais cher acteur,
Tu n’est pas l’arnaqueur,
Que la télévision dénonce.
Ni l’artiste, ni l’acteur,
Chanteur ou footballeur…
Surpayés tous ceux-là ?
Peut-être,
Mais ça ne met pas en danger
La société.

Les gens sont cons ?
Jaloux ?
Ou alors peut-être
Mal informés ?
Voire… désinformés ?

Au fond peu importe,
Ce qui compte
C’est qu’ils ont de l’intuition.
On est en train de les voler.
Sans trop voir d’où ça vient,
À la recherche d’un coupable,
Une foule est toujours dangereuse,
Et là c’est toi qui t’y colle
décrète la télévision
Pour protéger la vache-à-lait
Des mécanismes boursiers.

Fonds de pensions,
Dark pools,
Initiés délictueux
Paradis fiscaux…
À coups de milliers de milliards,
Joyeusement ils déstabilisent
États,
Marchés miniers,
Agricoles,
Vampirisent l’économie réelle
Pour des profits
Jamais aussi stratosphériques
— Comme le chômage tu noteras,
Que depuis la crise de 2008.
Aux frais des citoyens et des états,
Ils s’enivrent aux jeux
De la Bourse et du hasard.

Possédant les journaux,
Ils redéfinissent les mots,
Incitant à un — ha ha ! — « réalisme »
Dont ils fournissent la définition.
Prioritaires, les actionnaires.
Accessoirement les dirigeants
D’entreprise,
Domestiqués ceux-ci,
À grands renforts d’injections
De stock-options.

Les travailleurs ?
« Ressource humaine. »
Les salaires ?
« Coût de production. »
Les gens ?
« Variable d’ajustement. »

On nous l’a répété,
Actionnaire privé est à préserver.
Austérité,
Sacrifier
La Sécu,
Les allocations,
Les retraites,
Augmenter
Les taxes pour boucler le budget.
Pour cela payer
Des taux d’intérêt mortifères,
Qui enrichiront
Quelque requin des Caïmans
Dont l’appétit
Ne se sera pas satisfait
D’une Grèce bien maigre,
Et qui se sera fêlé une dent
Sur une Islande
Au referendum
Trop démocratique.

Obtenir un monopole !
Augmenter les tarifs !
Diminuer les services !
Elle est belle la trilogie
Du retour sur investissement.

Répété et répété et répété
Au journal de 20 heures,
Dans les journaux,
Dans… les médias,
Ceux achetés par la finance
En tout cas.
Sur ta personne trop visible
Sont détournées les foudres
De l’intuition des gens.

Pauvre Gérard,
Tu ne le savais pas,
Mais c’est du combat pour vivre des 99%,
Que tu es l’épouvantail, le moulin.
Dans cette farce sordide,
Injustement,
Tu es le paratonnerre d’un grondement qui couve,
Tu n’en es pour une fois pas

L’acteur.

b_d

Good year, and good luck

Dimanche 20 janvier 2013 par

vœux-2013

Classique, indémodable, de bon goût, la carte de vœux.

Une journaliste de la télé interrogeait un centenaire bulgare, lui demandant le secret de sa longévité. La réponse tenait en quelques règles de vie simples : ne pas fumer, ne pas travailler en excès, ne pas boire, dormir huit heures par nuit, faire un peu d’exercice et surtout manger en abondance du bon yaourt bulgare. À ce moment de l’entretien on entend un vacarme à l’étage au dessus et la journaliste s’interroge.

– « Faites pas attention, c’est mon père qui a encore pris une cuite cette nuit. »

b_d


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